La vérité

Débat_aristote_platon
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Définition philosophie

Synthèse Vérité

  • La vérité correspondance : un énoncé est dit vrai s’il correspond effectivement au réel, c’est-à-dire s’il est vérifié par l’expérience.
  • La vérité cohérence : un énoncé est dit vrai s’il est cohérent avec les propositions précédentes, autrement dit si la conclusion découle logiquement et nécessairement des propositions précédentes.

Ne confondez pas vérité et réalité.

  • La réalité est ce qui existe et est perceptible par les sens.
  • La vérité ne concerne jamais que la proposition ou ce que vous énoncez.
  • Exemple : Vous observez un nuage dans le ciel. Ce nuage est réel.

Et, si vous exprimez : « Il y a un nuage dans le ciel », alors vous indiquez exact. C’est votre affirmation (ou proposition) qui est juste ou fausse.

  • Absolu : ce qui dépend uniquement de soi-même pour exister et va donc valoir et être la même chose pour tous et en tout temps.
  • Relatif : ce qui dépend d’un point de vue, d’une situation, d’une culture particulière et n’est ainsi pas toujours valable.

Oui, car aucune vérité n’est absolue, la vérité est relative.
Protagoras,

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Thèse : La vérité est relative.

Selon Protagoras, la seule chose qui nous permet de saisir le réel, ce sont nos sens, or nos sens singuliers, nous ressentons différentes choses. Il en conclut qu’il n’y a pas de vérité qui vaille pour tous car nous ne percevons pas les choses de la même façon. C’est pour cela qu’il dit que l’homme est la mesure de toute chose, cela signifie que la qualité de chaque chose va dépendre de l’homme qui la perçoit. Il prend ainsi l’exemple de deux personnes distinctes qui sentent qu’il y a du vent, l’une peut trouver que ce vent est froid, l’autre peut dire au contraire qu’il est chaud. Il sera impossible de dire qui a raison, car alors la vérité est relative, elle dépend du point de vue. Ou, en d’autres termes, ils ont raison tous les deux. Pour Protagoras, aucune raison n’existe d’accorder plus de valeur à une certaine perception plutôt qu’à l’autre. Toutes les perceptions se valent.

« L’homme est la mesure de toute chose. »
Protagoras

Quelle est l’origine de notre sens du devoir ?

Non, car il existe des vérités absolues.
Platon,
Philosophe grec du 5ᵉ siècle av. J.-C.

Platon

Thèses : Il faut distinguer la vérité et l’opinion.

À cela, Platon va répondre que si toute vérité est relative, alors l’homme n’est pas le seul à être la mesure de toute chose : le babouin aussi et le têtard de grenouille également. En effet, si tout dépend des sensations, ainsi ces animaux aussi ont des perceptions différentes et leur vérité. Plus encore, si la vérité est relative, cela signifie que les enseignants n’ont pas davantage la vérité que les autres. Pourquoi alors faudrait-il les écouter ? Il vise ici Protagoras qui est un enseignant. Pour Platon, la vérité n’est pas relative, car il faut bien distinguer ce qui est une opinion et ce qui est une vérité. Les goûts, les sensations sont des opinions. En revanche, dans des domaines dans lesquels l’on peut utiliser la raison et notamment les sciences, on peut arriver à une vérité objective puisque prouvée. Il ne faut pas confondre la vérité et l’opinion.

RAS

Claude Bernard

Oui, on peut vérifier une hypothèse par la méthode.
Claude Bernard,

Thèse : La méthode expérimentale permet de vérifier.

RAS

Le portrait I du mathématicien PASCAL Blaise.

Non, certaines propositions acceptées comme exactes sont invérifiables.
Blaise Pascal,
philosophe français du 17ᵉ siècle.

Thèse : Les propositions de départ en mathématiques et logique sont invérifiables.

Pascal, dans De l’esprit de géométrie, défend l’idée que l’on ne peut pas élaborer des propositions qui soient absolument vérifiées. Ainsi, en mathématiques et en logique, remontrez aux propositions précédentes pour vérifier que la déduction est bien logique. Or, on ne peut pas remonter alors à l’infini. C’est pourquoi les déductions mathématiques reposent notamment sur des axiomes qui sont des propositions acceptées, car elles semblent évidentes, communément acceptées, mais qui ne sont donc pas vérifiées.

« Certainement cette méthode serait belle, mais elle est absolument impossible : car que les premiers termes qu’on voudrait définir, en supposeraient de précédents pour servir à leur explication, et que de même les premières propositions qu’on voudrait prouver en supposeraient d’autres qui les précédassent ; et ainsi il est clair qu’on n’arriverait jamais aux premières. »
Pascal, De l’esprit géométrie

Oui, car le mensonge met en danger la société.
KANT Emmanuel,
Philosophe allemand du 18ᵉ siècle.

KANT Emmanuel (Le bonheur).

Thèse : Il est de notre devoir de toujours dire la vérité.

Kant condamne tout mensonge délibéré. Selon lui, il n’est absolument pas moral de mentir même pour garder un secret. L’homme a pour devoir de révéler la vérité ou plus exactement de dire ce qu’il croit vrai. Si le Sujet vient à mentir, alors il enfreint le premier impératif catégorique cité ci-dessous. Cela signifie, que l’individu doit rationnellement pouvoir vouloir que chacun agisse comme lui de telle sorte que cela devienne la norme. Or, selon Kant, nous ne pouvons pas rationnellement vouloir que tout le monde mente, car cela rendrait toute vie en société impossible. Il n’y aurait, en effet, plus aucun lien entre des personnes qui se mentent constamment et mutuellement. De plus, selon Kant, celui qui ment doit ensuite endosser la responsabilité morale de tout ce qui peut arriver par son mensonge parce qu’il est intervenu dans le cours des événements.

« Agis de telle sorte que tu puisses vouloir rationnellement que la maxime de ton action soit érigée en loi universelle de la nature. »
Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs

Non, on ne doit pas la vérité à tout le monde.
Benjamin Constant,
philosophe français du 18ᵉ-19ᵉ siècle.

Benjamin Constant

Thèse : On peut ne pas dire la vérité si celui qui veut la vérité est dangereux pour les autres.

Selon Constant, dans un État de droits, les droits des uns sont les devoirs des autres. Ex : Il a le droit à la propriété, j’ai le devoir de ne pas le voler. Or, personne ne peut avoir un droit qui pourrait nuire à un autre, les droits visent à permettre une coexistence pacifique. Ainsi, quelqu’un qui aurait l’intention de faire du mal à un autre n’a pas droit à la vérité. Cela signifie que nous n’avons pas le devoir de lui dire la vérité.

« Dire la vérité est un devoir. Qu’est-ce qu’un devoir ? L’idée de devoir est inséparable de celle de droits : un devoir est ce qui, dans un être, correspond aux droits d’un autre. Là où il n’y a pas de droits, il n’y a pas de devoirs. Dire la vérité, donc un devoir, qu’envers ceux qui ont droit à la vérité. Or nul homme n’a droit à la vérité qui nuit à autrui. »
Benjamin Constant, Des réactions politiques

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Oui, la vérité doit être définitive pour être la vérité.
XXX,

Thèse : La vérité est universelle et définitive.

À première vue, la vérité se définit par son caractère permanent. Elle ne peut pas évoluer dans le temps, sinon c’est plutôt une affirmation avec un fort degré de probabilité. La vérité doit être absolue, c’est-à-dire qu’elle doit avoir valeur partout, pour tous et en tous temps. Pourrait-on encore réellement parler de vérité si finalement la vérité dépend des points de vue et des époques ? Pourtant, dire que les vérités sont définitives n’est pas refuser de douter, de continuer à chercher ? Pourrait-il encore y avoir un progrès des sciences si toute vérité est définitive ?

RAS

Thomas-Kuhn

Non, certaines vérités à une époque ne le sont plus ensuite.
Thomas Kuhn,
philosophe américain du 20ᵉ siècle.

Thèse : Beaucoup de vérités seront remises en question.

Thomas Kuhn, dans son œuvre Structure des révolutions scientifiques publiée en 1962, considère que l’idée de révolution scientifique est une idée qui permet de mieux comprendre comment le savoir scientifique est produit. Selon lui, la science est essentiellement une activité de résolution d’énigmes qui se développe en suivant un schéma en quatre étapes : science normale, crise, science extraordinaire, révolution scientifique. Quand une science ne parvient plus à expliquer efficacement le réel, lorsqu’il y a trop d’anomalies, alors on observe un changement de paradigme, c’est-à-dire que les scientifiques vont changer de principes directeurs et de théorie. C’est ce qui se passe par exemple, lorsque l’on passe du géocentrisme à l’héliocentrisme. On pensait vrai que le soleil tournait autour de la terre et pourtant…

« Les théories scientifiques de date récente sont meilleures que celles qui ont précédées, sous l’aspect de la résolution des énigmes (…). Ce n’est pas là une position de relativiste, et elle précise en quel sens je crois fermement au progrès scientifique  »
Thomas Kuhn, Structure des révolutions scientifiques

HUME David.

Non, car connaître la vérité nous rend meilleurs.
René Descartes
Philosophe français du 17ᵉ siècle.

Thèse : Connaître la vérité nous donne une satisfaction supérieure.

Pour Descartes, connaître la vérité ne nous rend pas toujours joyeux, cela peut même être le contraire. Néanmoins, à ses yeux, on est une personne mieux accomplie lorsque l’on développe ses connaissances et cherche la vérité. Et cette connaissance de la vérité nous donne une satisfaction de l’esprit supérieure à la satisfaction que nous avons quand nous buvons du vin ou fumons dans le but d’être joyeux, en nous maintenant dans une forme d’illusion.

« C’est pourquoi, voyant que c’est une plus grande perfection de connaître la vérité, encore même qu’elle soit à notre désavantage, que l’ignorer, j’avoue qu’il vaut mieux être moins gai et avoir plus de connaissance. »
Descartes, lettre à Elisabeth

Nietzsche Friedrich-

Oui, car la vérité ne nous aide pas toujours à vivre.
Friedrich Nietzsche,
philosophe allemand du 19ᵉ siècle.

Thèse : L’illusion, l’apparence est aussi une bonne chose si elle aide à vivre.

Pour Nietzsche, la lucidité, c’est-à-dire la capacité à ne pas se faire d’illusions et à accepter la vérité, n’est pas nécessairement une bonne chose, car la vérité peut nous rendre la vie difficile. En effet, pour lui, on juge de la valeur d’une chose en fonction des effets qu’elle a sur nos vies. Si le pessimisme et le scepticisme, en montrant la vérité, nous rendent moins aptes à vivre, alors ce sont de mauvaises choses. On peut rationnellement ne pas vouloir rechercher la vérité. On peut préférer les illusions et s’illusionner volontairement.

« Il serait possible que la véritable nature des choses fût tellement nuisible, tellement hostile aux conditions de la vie, que l’apparence fût nécessaire afin de pouvoir vivre. »
Nietzsche, La volonté de puissance